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Portrait de la région

Estrie, terre de rencontre

Un cadre de vie exceptionnel

À ses 293 000 habitants, ce qui constitue 3,9 % de la population québécoise, l'Estrie offre une qualité de vie tout à fait exceptionnelle. La douceur de son climat, son relief accidenté, son réseau hydrographique très ramifié et la variété de ses services en ont fait une région de villégiature particulièrement recherchée par les touristes depuis la fin du XIXe siècle. Ses résidants bénéficient de toute la structure d'une société moderne, à proximité de grands espaces.

Les deux grands peuples fondateurs vivent et travaillent ici comme ils le font depuis deux cents ans. L'architecture de l'Estrie reflète tout naturellement cet héritage biculturel pour constituer un patrimoine parmi les plus distinctifs et les mieux conservés du territoire québécois. Cette fusion des deux cultures a produit une solide tradition communautaire, un héritage qui est virtuellement unique au Canada.

La villégiature et le tourisme ont aussi grandement influencé l'habitation, les aménagements paysagers ainsi que les services et les aires de circulation, particulièrement dans l'environnement immédiat des lacs Memphrémagog et Massawippi. Ailleurs, en milieu rural, ce sont plutôt les activités d'exploitation des ressources agricole, forestière et minière qui ont marqué le sol estrien; en milieu plus urbain, les industries manufacturières, longeant souvent les rivières et reliées par un réseau ferroviaire, ont guidé le développement de villes telles Richmond, Windsor, Sherbrooke, Magog et Coaticook.

Adossée à la frontière des États-Unis sur plus de 300 kilomètres, l'Estrie confère à ses habitants la rare possibilité de vivre au quotidien avec ses voisins du Nord-Est américain. Tout comme le « Haskell Free Library and Opera House », modèle réduit du deuxième Opéra de Boston, situé à cheval sur la frontière canado-américaine, la vie culturelle estrienne s'inspire et s'épanouit des richesses des deux cultures.

Après Montréal, l'Estrie est la région la plus bilingue au pays, 40 % des gens maîtrisant le français et l'anglais. Aujourd'hui, 89 % des Estriens sont de langue maternelle française et près de 8 % de langue maternelle anglaise, ceux-ci étant surtout concentrés à l'ouest de la région. Les allophones représentent actuellement 3 % de la population. Il faut souligner que la région vient aux quatrième rang au Québec pour l'accueil d'immigrants.

Enfin, l'Estrie est bien desservie par des voies de communication intérieure, en « toile d'araignée », autour de Sherbrooke, et par un réseau autoroutier vers Montréal, Québec et Boston.

Une infrastructure forte et en évolution

L'agriculture, les mines et les forêts sont des secteurs traditionnels d'activité économique en Estrie. Les difficultés qu'on y rencontre sont étroitement liées à des enjeux extérieurs à la région. Par contre, dans le domaine manufacturier, malgré l'importance de certains secteurs traditionnels, tels le textile, le vêtement et les pâtes et papiers, de nouveaux créneaux apparaissent. La micro-électronique, l'outillage de précision, l'informatique et les techniques biomédicales sont au nombre de ces nouveaux champs qui contribuent à diversifier et renouveler la structure économique de l'Estrie. L'économie estrienne touche dix-huit sous-secteurs manufacturiers différents sur les vingt qui sont présents dans l'ensemble de l'économie québécoise. Aujourd'hui, l'Estrie se retrouve dans une position enviable, au coeur d'un triangle de technologie de pointe réunissant les grands centres urbains du Québec et de la Nouvelle-Angleterre.


Au niveau tertiaire, d'une part, l'Estrie présente un fort dynamisme dans le secteur récréotouristique. À cet égard, la station touristique Magog-Orford contribue pour beaucoup à l'essor de cette industrie. La qualité des infrastructures d'accueil et d'hébergement permet d'attirer une part importante des touristes et, surtout, de les retenir dans la région. La zone du Mont-Mégantic offre également un potentiel touristique.

D'autre part, les services publics et privés sont très majoritairement concentrés dans la région de Sherbrooke. Les cadres, professionnels et techniciens s'y trouvent en plus grand nombre qu'ailleurs. C'est principalement de ce centre de l'Estrie que partent les offres de service, décisions juridiques ou administratives, expertises spécialisées, etc. Certaines entreprises se sont engagées dans le financement des arts et de la culture.

Description et mention de source
Lac Massawippi – Photo de Jocelyn Boutin, Tourisme Cantons de l'Est
Les toits de Sherbrooke – Photo de Stéphane Lemire, Tourisme Cantons de l'Est

L'Estrie – Toponyme

L'Estrie fut d'abord connue en 1966, sous le nom de Cantons de l'Est. Cette région administrative de 10 698 km2 est entièrement située à l'intérieur de la plate-forme appalachienne qui, depuis les hauts sommets des monts Gosford et Mégantic, s'incline vers le nord-ouest, en direction du Saint-Laurent.
Le terme Estrie a été créé en 1946 par monseigneur Maurice O'Bready, alors secrétaire général de la Société historique des Cantons de l'Est devenue Société d'histoire de Sherbrooke ; il a remplacé Cantons de l'Est dans la désignation de la région administrative en 1981. Il faut noter que la région touristique estrienne (appelée Cantons de l'Est) est plus étendue puisqu'elle comprend les environs de Granby, de Bromont, de Sutton et de Cowansville ainsi que le secteur minier de Thetford Mines et de Black Lake. Par ailleurs, la région historique des Cantons de l'Est comprend habituellement tous les cantons qui s'étendent depuis le Richelieu jusqu'à la Beauce, y compris ceux qui ont été rattachés aux régions administratives de la Mauricie-Bois-Francs et de la Montérégie. De Cantons de l'Est, expression lancée par Antoine Gérin-Lajoie en 1858, puis adoptée dans son roman Jean Rivard (1862-1864) et qui traduisait Eastern Townships, le toponyme Estrie a retenu l'élément auquel on a ajouté la finale trie ; celle-ci caractérise certains noms anciens de la langue romane comme Neustrie en France qui signifiait région qui n'est pas à l'est. Selon monseigneur O'Bready, « la désinence trie porte elle-même un sens bien adapté : une trie est une terre riche et féconde ».

Source : Noms et lieux du Québec : dictionnaire illustré / [réalisé par la Commission de toponymie du Québec] - Sainte-Foy, Québec : Publications du Québec, © 1994.